Guérir les blessures du Canada: les fréquentations
"Il y a un désir de voir la restauration. De voir les anglophones d'une nouvelle façon, non pas à travers les blessures du passé, mais de les voir comme des amis, comme des frères et soeurs que nous aimons et de la part de qui nous pouvons recevoir l'amour."
Odette Ménard, pasteure de Montréal, a partagé ces pensées quelques jours avant le Rassemblement national tenu par Sentinelles pour les nations (Watchmen for the Nations) qui avait lieu à Charlottetown, à l’Î.-P.-É., du 1er au 3 août 2002. Durant les jours qui ont suivi, elle, et aussi d'autres dirigeants d'églises du Québec, ont eu la chance d'ouvrir leurs coeurs d'une façon honnête, à propos des difficultés auxquelles les Canadiens français, et plus spécifiquement ceux du Québec, font face pour demeurer dans le Canada.
"Mon père m'a appris à haïr tout ce qui était anglais. Je n'avais pas un coeur pour le Canada, pas du tout”, a partagé Alain Caron, pasteur à Gatineau. "Un jour le Seigneur est venu à moi et m'a dit : ‘Si tu veux voir ma gloire, tu devras déposer le Québec et embrasser le Canada.’ Et j'ai dit: ‘Seigneur, ce que tu me demandes est très difficile! Parce qu'aux yeux de mon père je serai un traître. Je serai ami avec les anglais et je marcherai à leur côté. Mais leur peuple est leur peuple et mon peuple, c'est mon peuple.’
Et le Seigneur m'a dit: ‘Non, Alain, ce n'est pas mon coeur. J'embrasserai cette nation d'un océan à l'autre et vous serez un dans mon amour. ’”
"Votre regard fait une différence” a continué Odette. "Quand vous nous serrez dans vos bras, ça fait une différence. Vos mots font une différence. Votre 'franglais’ fait une différence! C'est un baume sur notre coeur. Vous avez la capacité de guérir nos coeurs blessés.
S'il vous plait, ne nous oubliez pas. Nous avons besoin de tout ce que vous êtes. De l'extérieur, on semble ne pas avoir besoin de vous. Le Québec a cette apparence d'indépendance, mais ce n'est pas ce qui est dans notre coeur. Ce qu'il y a dans notre coeur, c'est l'unité... et l'amour.”
Il y a un mariage qui s’en vient
Après que Odette eut fini de parler, David Demian, directeur de Watchmen, s’est adressé au rassemblement: "Je ne crois pas que nous avons ce qu’il faut” a t-il dit. "Nous ne savons pas comment ouvrir nos coeurs. Nous avons besoin que Dieu fasse un miracle. Il y a un certain nombre d'années, Dieu m'a donné une image très puissante de son désir pour le Canada anglais et français. Je conduisais dans les rues de Vancouver et comme mes yeux ont croisé la plaque d'immatriculation de la voiture en face de moi, elle a soudainement changé. J'ai vu des alliances qui s'emboîtaient, d'un côté, et les mots 'Je le veux' de l'autre. Je me suis mis à pleurer, tellement que je n'y voyais plus rien et je devais me ranger sur l'accotement. C’est là que le St-Esprit m'a dit : ‘Le jour viendra, David, où il y aura un mariage au Canada, au Québec, où le Canada anglais et la Canada français se marieront et ils appelleront le Canada leur foyer. Le Canada français et le Canada anglais vivent au Canada, mais ils ne le considèrent pas comme leur foyer. Mais voici le temps où le Canada anglais et français ont besoin de quitter pour s'attacher.’
Je sens que nous avons besoin de crier au Seigneur ce soir. Seigneur, pour ce que tu es sur le point de faire dans cette nation, et pour la gloire que tu désires révéler, touche-nous! Change-nous! Délivre-nous! Libère-nous!”
La clé : l’intimité
Le matin suivant, l'assemblée entière entra dans un long moment d'adoration profonde et intime. Comme des centaines de personnes étaient assises en silence devant le Seigneur, David prit la parole:
“Hier nous avons prié que Dieu ouvre nos coeurs. Et le Seigneur m'a parlé et m'a dit: ‘David, je suis jaloux que l'Église ouvre son coeur pour moi premièrement. Je désire une épouse qui aura une passion pour Moi’.
Ce que nous faisons ici, a continué David, n'est pas du temps perdu. C'est ce qui donnera naissance à ce que le Seigneur veut faire.”
Pendant que l'assemblée continuait dans un temps de réflexion et d'adoration, Dale Peck, un pasteur anglophone de l'Ontario qui dirige maintenant une congrégation dans la ville de Québec, a commencé à partager comment le Seigneur a touché son coeur: “Hier soir, chaque fois qu'un autre frère ou soeur du Québec partageait, ça a touché mon coeur de plus en plus profondément.”
En réponse, Dale a lu un poème, qu'il avait composé durant la nuit, qui exprimait comment les Canadiens anglais ont un profond besoin de la passion et de l'intimité qui correspond au don rédempteur que les francophones ont.
"Francophones du Québec, a -t-il lancé, vous êtes notre coeur, nous ne pouvons pas vivre sans notre coeur. Nous avons besoin de vous.”
Après cela, une vague de gémissements a commencé à déferler à travers tout l'auditorium. Et les Canadiens français et anglais ont commencé à pleurer ensemble comme Dieu commençait le processus de guérison de générations de douleur.
Une déclaration d’amour
Comme les pleurs diminuaient, Ken Hall, pasteur à Ottawa, accompagné de d'autres leaders de l'église de l'Ontario, représentant le Canada anglais, a appelé les leaders Québécois sur l'estrade. Une fois assemblés, les leaders ont chacun reçu une douzaine de roses rouges.
“Les roses rouges symbolisent la passion. Et nous leur avons ajouté d’autres fleurs qui représentent la pureté et l'innocence. Nous voulons vous dire : ‘nous vous aimons’.
Il y a un vieil hymne qui dit: ‘Nous donnons par sa main’, et nous vous donnons nos coeurs par sa main. ”
A cette déclaration, une libération s’est fait sentir dans l'atmosphère spirituelle de la salle, et la foule a relâché des applaudissements et des acclamations qui ont duré quelques minutes. Et puis, David Demian s'est déplacé vers la foule.
"Je veux que Roger Mitchell, leader de l'église de l'Angleterre, et Alain Lopez, leader de l'église de France, viennent en tant que 'parents’ nous relâcher dans cette aventure de fréquentations ensemble. Mais avant, je veux demander aux Canadiens anglais: combien d'entre vous désirent commencer des fréquentations avec le Canada français?”
Un hurlement d'approbation est monté de la part des Canadiens anglais présents la foule.
"Et maintenant, a t-il continué, j'ai besoin de demander aux francophones: acceptez-vous notre main qui est tendue vers vous pour entrer dans ces fréquentations avec nous?”
Et comme les francophones explosaient en répondant un 'OUI' passionné, il les a regardés d'un air malicieux et a dit: "Vous savez ce que ça veut dire, n'est ce pas? Ça veut dire que vous n'êtes plus disponibles pour aucun autre!”
Pendant que la foule riait encore d'approbation, Alain Lopez et Roger Mitchell se sont avancés pour appeler la bénédiction de la France et de l'Angleterre sur le Canada.
"Représentant la France, je vous bénis dans le nom de Jésus et je prie que vous soyez libérés dans votre destinée" pria Lopez en français.
Ensuite, Roger Mitchell a contemplé affectueusement la foule comme un père fier, et a dit: "nous te disons un grand bravo, Canada! Vous avez trouvé le chemin jusqu’à cette journée incroyable où la guérison de la nation entière est en vue”.
Puis il a prononcé la bénédiction de Joseph dans Deut.33: 13-16.
"Son pays est béni de l'Éternel.
A lui le meilleur de la rosée des cieux
et de l'abîme souterrain,
le meilleur de ce que fait croître le soleil,
de ce qui pousse à chaque lunaison,
les prémices des montagnes antiques,
le meilleur des collines d'autrefois,
le meilleur de la terre et de ce qu'elle produit,
la faveur de celui qui habite le buisson.
Que la chevelure abonde sur la tête de Joseph (Canada),
sur le crâne du consacré parmi ses frères."
Le parcours continue
"Nous voulons réellement être un exemple, a dit Odette Ménard plus tard, d'une nation qui marche ensemble; le Québec avec le reste du Canada.”
Durant l'été 2003, les fréquentations, qui ont débuté à Charlottetown, se continueront pendant qu'un groupe de Canadiens anglais et français voyagera ensemble à travers la nation. Intitulée tournée 'La Danse’, la vision, dit David Demian, est simple:
"Une équipe de Canadiens anglais et français de tous âges, races, dénominations, voyageront de Montréal à Victoria, s'arrêtant dans 12 villes. Comme Josué, quand il prit Jéricho, le Seigneur nous a appelé à marcher en obéissance à travers la nation, sonnant les trompettes dans chaque ville et déclarant que les murs de séparation entre les Canadiens anglais et français sont sur le point de tomber. Alors ensemble, avec les croyants de chaque ville, nous célébrerons ce que le Seigneur est sur le point de faire à travers la promesse du mariage qui vient.
Nous allons posséder notre héritage d'une nation guérie; des Canadiens anglais et français marchant main dans la main, face à face, guéris, prenant autorité sur ce pays.”
La tournée 'La Danse' débutera le 25 juillet prochain à Montréal, et se terminera à Victoria le 9 août. Pour de plus amples renseignements concernant la tournée, SVP visitez le site web www.ladanse.ca ou contactez- nous par courriel à info@ladanse.ca
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