La Convocation
Il y a quelques semaines, j’étais en Israël pour m’adresser à une conférence. Mon séjour avait lieu pendant la fête juive de Pourim qui célèbre l’histoire, racontée dans le livre d’Esther, de la délivrance miraculeuse que Dieu opéra en faveur des juifs devant la menace de leur extermination. Ceci m’a immédiatement ramené à notre parcours au Canada en 1998-99. À cette époque, le Seigneur nous avait dit qu’il nous donnait une année de plus pour nous repentir (c’était l’année juive de Rosh Hashana 1998 à Rosh Hashana 1999), sans quoi viendrait le jugement contre la nation. Sur un avis de seulement quelques mois, plus de 600 leaders et intercesseurs de partout au Canada se rassemblèrent à Harrison Hot Springs en novembre 1998. Le but de ce rassemblement était de nous mettre en position pour entendre la voix de Dieu et sa stratégie pour amener la nation à la repentance.
Lors d’une des premières sessions, nous avons aligné les drapeaux des provinces et territoires sur le devant de la salle et avons demandé aux représentants de chaque province de venir prier près de leur drapeau. Aussitôt que les gens se sont approchés, une vague de lamentations a frappé toute l’assemblée. À ma plus grande surprise, je vis des gens s’écrouler par terre, pleurant, saisis par des douleurs d’enfantement, et un tel chagrin qu’ils ne pouvaient même pas trouver la force de tirer un Kleenex pour essuyer leurs yeux et leurs nez qui coulaient. Quelques mois auparavant, le Seigneur m’avait dit que ce n’était pas des déclarations de repentance sur papier qu’il voulait voir le Canada signer face à nos cœurs antisémites, mais de vrais pleurs, de vrais lamentations, dans les douleurs et dans la peine. À ce moment-là, j’avais cru que c’était impossible; les Canadiens étaient trop réservés, pensai-je, pour s’exposer publiquement dans un tel spectacle d’émotions. Mais le Seigneur m’avait exhorté à tout simplement partager la vision, disant : « Tu ne sais pas pour quel dessein j’ai préparé cette nation, David, pour un temps comme celui-ci. »
Comme je regardais maintenant la scène devant moi, le Seigneur me parla de nouveau : « Parce que l’église du Canada s’est levée comme Esther, disant : ‘J’entrerai chez le roi; et si je dois périr, je périrai’, David, regarde et vois ce que je suis sur le point de faire dans cette nation. »
Quelques mois plus tard, les grands titres des journaux du pays rapportaient une merveilleuse histoire. Notre premier ministre d’alors, Jean Chrétien, avait été invité par le chef du Congrès juif à visiter le camp de concentration d’Auschwitz et à la dernière minute il avait décidé d’y aller.
C’était un moment historique, parce qu’il était le premier premier ministre à jamais visiter un camp de concentration. Mais encore plus fascinant était ce qui lui arriva lors de la visite. Invité aussi à cette occasion était le père du chef du Congrès juif, qui était un survivant d’Auschwitz, et dont le nom se révéla être Mardochée. Toute la famille de Mardochée avait péri à Auschwitz et il n’y était jamais retourné en plus de cinquante ans. Lors de la visite au camp, il était naturellement bouleversé et rempli de chagrin face à tous ces souvenirs, et il commença à pleurer amèrement pour sa famille. Notre premier ministre était ému aux larmes et il plaça son bras autour de Mardochée et lui dit : « Je vous promets que cela n’arrivera jamais plus ». Cette photo prophétique faisait la une de tous les journaux du Canada : le premier ministre du Canada, dont le nom veut dire ‘Jean le Chrétien’, réconfortant le survivant juif Mardochée et lui promettant qu’une extermination comme celle de l’Holocauste ne se produirait jamais plus…
Je ressens que l’histoire d’Esther est en fait une puissante analogie pour tout notre parcours de ces dixdernières années au Canada. À Winnipeg, en 1999, nous nous sommes levés en tant que nation pour nous présenter au roi. Et par sa grâce, il a reçu le sacrifice de nos larmes, de notre peine et de nos lamentations et nous a tendu le sceptre de sa faveur, faveur qui a grandi pendant ces dix dernières années. Nous ne prétendons pas que tout est parfait au pays, mais dans un monde ébranlé par le terrorisme à grande échelle, les désastres naturels et maintenant une crise économique dévastatrice, le Canada apparaît comme un refuge, demeurant relativement protégé et béni en comparaison des autres nations du monde.
Mais l’histoire d’Esther en contient d’avantage. Après qu’elle se fut présentée avec courage devant le roi, et qu’il eut tendu son sceptre de faveur, il demanda à Esther ce qu’elle voulait, jusqu’à la moitié de son royaume. Mais même si le salut de son peuple était de la suprême importance pour elle, elle ne parla pas immédiatement au roi du complot de Haman. Au lieu, elle se maîtrisa pour suivre ce qui devait être une stratégie divine, invitant le roi et Haman à un banquet qu’elle avait préparé. Le cœur du roi était si touché qu’il lui demanda de nouveau ce qu’il pouvait lui donner. Cette fois encore elle savait que ce n’était toujours pas le temps de parler, et elle invita le roi, une autre fois, à un autre banquet. Et avant ce second banquet, le Seigneur intervint pour commencer à renverser la situation, rappelant au roi la fidélité de Mardochée, et faisant honorer ce dernier dans le royaume. Puis, juste au bon moment, quand le cœur du roi était de nouveau ouvert à la fin du second banquet, Esther lui demanda d’épargner sa vie et celle de son peuple – et parce qu’elle avait attendu avec sagesse le bon moment et le parfait alignement selon Dieu, toute la race juive fut préservée.
Je crois que comme pour Esther, nous aussi dans l’église du Canada avons connu la faveur de Dieu. Et tandis que nous avons désiré voir la guérison de notre nation et l’accomplissement de notre destinée, nous avons aussi affronté plusieurs tests ces derniers 10 ans : serions-nous poussés par les désirs profonds de nos cœurs à prendre l’initiative d’après notre sagesse humaine, ou allions-nous nous discipliner pour chercher la face de Dieu et entendre sa voix seule, attendant qu’il révèle ses stratégies divines selon son calendrier pour amener toutes choses en alignement avec les desseins de sa volonté?
Et par la grâce de Dieu, je crois qu’il nous a donné l’habileté d’être « un peuple prêt pour le jour de sa puissance » et faire ce parcours avec lui de quête, d’attente et de simple obéissance. Et je crois que si nous continuons à marcher avec humilité et avec un cœur brisé devant le roi, Dieu accordera à l’église une autorité pour voir le plein accomplissement de ses rêves. Et l’église du Canada se sera rapprochée d’un pas de plus de sa destinée d’apporter la guérison aux nations dans un temps où, plus que jamais, les nations crient pour l’espoir, la paix, la sécurité.
Nous croyons que la prochaine étape de notre parcours est que le roi convoque un reste parmi son corps à Ottawa cet été. Ce qu’il fera avec nous, et comment il le fera, nous ne le savons pas. Tout ce que nous savons est que notre responsabilité est la même que tout au long des dernières quatorze années de notre parcours : « Entendre ce que l’Esprit dit à l’église » et, avec une simple obéissance, écouter son appel de nous rassembler. Le reste, comme toujours, appartient au Seigneur.
J’ai hâte d’être avec tous ceux à qui Dieu a demandé d’être à Ottawa cet été.
Tout mon amour
David
|